Je sors d'un magasin, où j'ai acheté un kebab ou quelques bières étranges. Un échéange a eu lieu avec les tenanciers, qui, à peine suis-je sorti, se moquent de moi : ils me moctalonnent.
Le moctalonnage apparaît pour être une pratique collective prenant un sujet pour bouc-émissaire, après un instant hypocrite, souvent intéressé. Cette prostitution commerciale s'adjoignant d'une certaine frustration fait les êtres moctalonner.
Moctalonner produit du lien social entre ceux qui restent, sur le dos de qui est parti. Ou plutôt les talons, d'achille : le fait d'être parti. Ceux qui restent, après un instant de défaçage (du verbe défacer : brouiller la face, voire même l'enlever, pendant un certain temps, du fait de certaines circonstances ; induit le refaçage), se refacent à bon compte en défaçant pour eux-mêmes le bouc-émissaire auparavant facé sous d'autres jours (en particulier le client, qu'en situation de vente les commerçants s'abstiennent souvent de moquer).
Le moctalonnage existe par le fait d'un témoin, parfois (est-ce un fait exprès ?) le moctalonné même. Une vengeance peut s'ensuivre, difficile toutefois à assumer tant le moctalonnage s'effectue en quotimini, jouant avec les oreilles des murs. Promesse de non retour au magasin, mauvaise réputation faite en sous-main et en toute mauvaise foi, voire dégradations mine de rien, en passant, peuvent faire partie de la vengeance que les moctalonneurs risquent de ne pas comprendre, tant le moctalonnage rendait bien dans leur spectacle, plus petit qu'il est pourri.
dimanche 30 novembre 2008
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